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France - Présidentielles 2007 - Biographies
Ces biographies non-officielles ont été rédigées à partir d'informations disponibles sur Internet, en librairie et auprès de sources d'informations croisées. Les candidats peuvent si ils le souhaitent apporter des modifications ou des compléments, sur simple demande auprès de la rédaction. (Photos : D.R et mentions spéciales).

F.Bayrou - O.BesancenotJ.BovéM-G.Buffet . A.Laguiller . J-M.Lepen . S.Royal . N.Sarkozy . P.de Villiers . D.Voynet .

Bové José (paysan-éleveur)

Famille : José Bové (de son vrai nom Joseph Bové) est né à Talence (Gironde, France) le 11 juin 1953. Son père Joseph, d'origine luxembourgeoise, se voit attribuer la nationalité française en devenant directeur régional de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et est membre de l'Académie des sciences. À ce titre il a notamment contribué à l'invention d'un riz transgénique destiné au Tiers-Monde. Sa mère Colette Dumeau est professeur de sciences naturelles, l'un de ses frères est ingénieur, l'autre informaticien. Il parle anglais couramment (ayant suivi, à l'âge de trois ans, ses parents invités en tant que chercheurs à l'Université de Berkeley). La famille passait des vacances dans une résidence secondaire à Lacanau-Lac.

Etudes : Inscrit dans un lycée catholique bilingue près d'Athis-Mons tenu par des frères, il en est exclu étant réfractaire à l'enseignement de la religion en 1968. Demeuré seul à Paris, (ses parents étant mutés à Bordeaux) il fréquente les galas libertaires. Il obtient son baccalauréat avec mention. Il envisage l'enseignement de la philosophie, et s'inscrit en classe préparatoire aux grandes écoles, et à la faculté à Toulouse où en 1971, il rencontre Alice Monier qui deviendra sa femme.

Travail : José Bové est membre d'un GAEC (exploitation agricole) d’élevage de brebis pour la fabrication en transformation directe de fromages de brebis et de yaourts, située à Montredon (commune de La Roque-Sainte-Marguerite, dans le département de l'Aveyron) sur le plateau du Larzac, où il s'est fait constuire une maison en « matériaux écologique »

Patrimoine et revenus : avec 30.000 euros de patrimoine et un revenu menseul de 1400 euros, José Bové n'est pas imposable sur la grande fortune

Fonctions électives : syndicales.

Parcours politique : Début 1970, il est pacifiste et antimilitariste et proche des mouvements chrétiens ouvriers. Il milite également dans des mouvements hostiles à la guerre du Viêt Nam. Réfractaire au service militaire et refusant le statut d'objecteur de conscience, José Bové, recherché par l'armée, trouve refuge dans une exploitation agricole des Pyrénées. En 1973, il participe au rassemblement national contre l'extension du camp militaire dans le Larzac, où il rencontre Bernard Lambert. À l'été 1974, 50 000 personnes participent à l'opération Moisson pour le Tiers monde dans le Larzac. Il se trouve parmi les quelques militants qui évitent à François Mitterrand, candidat battu quelques semaines auparavant, d'être lynché par des groupuscules maoïstes.  Son opposition au militarisme le conduit tout naturellement à participer à la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac, qui fédère paysans et ouvriers au cours des années 1970. Avec sa femme Alice Monier, et sa (première) fille, il s'y installe en 1976 et élève des moutons mais ne lâche en rien son côté contestataire.  Il fait partie des vingt-deux personnes qui investissent en 1976 le camp militaire et s'emparent de documents attestant la vente de terrains par divers paysans. Il fait trois semaines de prison préventive, et est condamné à quatre mois avec sursis et privation de ses droits civiques pour activités antimilitaristes. Il décide avec sa femme de squatter une ferme à l'abandon depuis 1920, Le hameau de Montredon, et de mettre en valeur les terres convoitées par l'armée. En 1976, il s'installe sur cette ferme. En 1977, il est au volant de l'un des 90 tracteurs qui pénètrent sur le champ de tir avec, sur le garde-boue, un soldat contestataire en cagoule, délégué par les comités de soldats.

Le syndicalisme agricole : En 1978 il fonde avec sa femme un Centre cantonal des Jeunes agriculteurs (CCJA), dont sa femme devient vice-présidente. En septembre 1981, il fonde le Syndicat des Paysans-Travailleurs de l'Aveyron, où se retrouvent les membres du CCJA. Se revendiquant des situationnistes, et notamment de son ami René Riesel, il prône — déjà ! — une « autre agriculture ». En 1979, il échange des coups avec des militaires qui s'étaient aventuré dans le hameau de Montredon. En 1981, c'est l'abandon du projet pour les militaires, qui décident finalement de louer les terrains, autrefois réquisitionnés.

En 1987, il participe à la création de la Confédération paysanne, dont il devient l'un des cinq secrétaires nationaux. Composé de l'aile gauche du syndicat majoritaire (FNSEA) et de petits syndicats de gauche, ce nouveau syndicat agricole veut changer l'agriculture et s'opposer à l'industrie (l'industrie agro-alimentaire moderne et aux industriels fournisseurs des agriculteurs), au nom du respect des personnes (consommateur et paysans) et de l'environnement.

Outre de multiples manifestations et actions, notamment contre le GATT et la PAC, il développe en local un syndicalisme actif auprès des petits producteurs qui fournissent le lait de brebis indispensable aux caves de Roquefort. Co-gérant de la Société civile des terres du Larzac, il fonde et dirige le Comité Roquefort, devenu en 1987, le Syndicat des producteurs de lait de brebis, affilié à la Confédération Roquefort. Il lui faudra batailler ferme (avec occupations et divers coups d'éclat) et longuement pour se faire admettre dans l'interprofession, en mai 1993.

Il est l'une des figures du mouvement altermondialiste. C'est un ancien syndicaliste agricole français, qui fut porte-parole de la Confédération paysanne. Sa notoriété s'est largement bâtie sur des actions de désobéissance civile ainsi que des incarcérations très médiatisées. Il est membre fondateur et fut porte-parole du syndicat agricole français Confédération paysanne, syndicat qui souhaite également une "autre politique agricole" (dans un sens plus favorable à la petite paysannerie locale, moins sensible aux échanges -- à commencer par le grand commerce international, et plus indépendante à l'égard des industries qui fournissent les matières premières ou qui consomment les produits de l'agriculture). Il est surtout connu par son action : pour une alternative à la mondialisation dite néolibérale, contre les OGM, contre la « malbouffe », incarnée par la restauration rapide (notamment les McDonald's), Il est membre fondateur d'ATTAC. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. L'engagement de José Bové ne se limite pas au syndicalisme agricole. En 1995, il participe dans l'Océan Pacifique à l'opération menée par Greenpeace contre la reprise des essais nucléaires décidée par le président Chirac, fraîchement élu. Il intervient également pour soutenir les mouvements des Tahitiens et des Kanaks (l'avocat de José Bové, François Roux, est aussi le défenseur des Kanaks, notamment lors de l'assassinat de Jean-Marie Tjibaou).

En août 1999, le « démontage » du McDonald's en chantier à Millau lui vaudra une arrestation et une condamnation à la prison ferme ( La Confédération paysanne dénonce alors : « la dureté sans précédent de cette condamnation, aucun responsable syndical de niveau national n'ayant été incarcéré depuis le régime fasciste de Vichy », condamnation qui « montre la dégradation des libertés syndicales [en France] ». Il s'agissait d'une protestation contre la décision de l'Organisation mondiale du commerce de valider les sanctions américaines (sous forme de taxation punitive de certaines importations d'origine européenne, dont le fromage de Roquefort), en raison du refus de l'Union européenne d'importer du bœuf aux hormones des États-Unis. McDonald's, entreprise d'origine américaine, est en outre le symbole tout à la fois de la "malbouffe" et du "capitalisme apatride", et concentre ainsi tous les griefs des manifestants. Il s'agit d'un défi délibéré : action collective, réalisée à visage découvert, la police locale ayant été informée par les organisateurs, contrairement à la rumeur qui prétend que les manifestants se sont protégés derrière des enfants et ont agi par surprise. Cette action était avant tout symbolique et se voulait festive.

Il participe en 1999 aux importantes manifestations de Seattle contre le sommet de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). En janvier 2001 en marge du Forum Social Mondial, il mène une action anti-OGM au Brésil contre une unité de la société Monsanto, accusée de produire illégalement des semences de soja transgénique. Il est à Gênes aux côtés des militants altermondialistes pour manifester au sommet du G8, marqué par des violences et la mort d'un jeune italien (Carlo Giuliani), abattu par la police. En mars 2002, il participe à une délégation de Via Campesina avec Paul Nicholson (paysan basque) et João Pedro Stedile (responsable du Mouvement des Sans Terre brésilien), invitée par les paysans palestiniens pour commémorer le Jour de la Terre. Cette visite s'inscrit dans le cadre plus large de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP). L'offensive lancée par l'armée israélienne le lendemain de leur arrivée dans les Territoires occupés bouleverse le programme originel. L'ensemble de la mission décide alors de rejoindre la ville assiégée de Ramallah puis de se rendre au Palais présidentiel dont ils craignent l'attaque. José Bové et Arafat procèdent à une accolade. Alors qu'il sort à la tête d'une délégation en agitant un drapeau blanc, José Bové est arrêté par l'armée israélienne et expulsé après deux jours d'emprisonnement. Il est violemment pris à parti à son arrivée à Orly par des membres de l'extrème-droite juive française. Bové afirme par ailleurs qu'Israël serait « une sentinelle avancée du libéralisme sauvage ». Dans son action syndicale ou politique, José Bové, assisté d'autres militants, a parfois recours à des méthodes de désobéissance civile, inspirées de la reflexion politique de Henry David Thoreau ce qui le place hors-la-loi  (démontage du Mc Donald, arrachage de champs d'essai d'organismes génétiquement modifiés -OGM- ou de plants de riz transgénique) se positionnant dans la lignée des actions de Gandhi.

En juillet 2005, José Bové participe au dernier jour de la marche pour la décroissance, en marge du Grand Prix de France de Formule 1, symbole de ce à quoi cette dernière s'opposait.

En octobre 2005, pour faire avancer les revendications portées par le «Non de gauche » à la Constitution européenne, José Bové déclare que selon lui, des alliances entre mouvements seront nécessaires et n'exclut pas si la tâche lui est confiée, de se porter candidat à l'élection présidentielle de 2007 dans le cadre d'une unité des forces antilibérales.

Indiscrétions et Vie privée-publique : Il a été marqué par la fréquentation de la Communauté de l'Arche de Lanza del Vasto, celle-ci développant une philosophie de « non-violence active ». Il a effectué un « voyage initiatique » en Inde en 1973.

Condamnations de José Bové :  * 1976 Condamnation à quatre mois de prison avec sursis et privation de ses droits civiques pour activités antimilitaristes (il avait volé des documents concernant un projet d'extension du camp militaire du Larzac)
* 18 février 1998 : condamnation à huit mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel d'Agen pour la destruction d'un stock de semences transgéniques sur un site de Novartis à Nérac en Lot-et-Garonne.
* 20 octobre 1998 : le Tribunal de Tahiti le reconnaît coupable d'entrave volontaire à la navigation ou à la circulation d'aéronef. Néanmoins, il est dispensé de peine.
* 27 octobre 1999 : le Tribunal correctionnel de Rodez (Aveyron) le reconnaît coupable, avec 8 membres de la Confédération paysanne, de « violence en réunion ». En mars 1999, ils avaient séquestré trois fonctionnaires de la préfecture. Néanmoins, il est dispensé de peine.
* 13 septembre 2000 : trois mois de prison fermes par le Tribunal correctionnel de Millau pour la destruction du chantier de McDonald's le 12 août 1999. Le 22 mars 2001, la Cour d'appel de Montpellier confirme la peine, et le condamne à 6 000 francs d'amende (915 euros) pour la brève séquestration des fonctionnaires de la Direction départementale de l'Agriculture de Rodez en mars 1999.
* 20 décembre 2001 : la Cour d'appel de Montpellier condamne José Bové à six mois d'emprisonnement pour destruction de plants de riz transgénique en juin 1999 dans une serre du CIRAD (peu de temps avant qu'il soit planté en Camargue) à Montpellier. En première instance, le 15 mars de la même année, le tribunal correctionnel de Montpellier avait infligé dix mois d'emprisonnement avec sursis et deux ans de mise à l'épreuve à José Bové.
* 6 février 2002 : la Cour de cassation rejette son pourvoi formé au sujet de sa condamnation à trois mois d'emprisonnement ferme pour les dégradations du McDonald's de Millau. Elle fait de même à l'encontre de sa condamnation à 915 euros d'amende dans l'affaire de Rodez.
* Du 19 juin au 1er août 2002: José Bové purge le reliquat de sa peine de trois mois d'emprisonnement pour la destruction du McDonald's de Millau, à la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault) (trois semaines de détention provisoire avaient déjà été effectuées en 1999).
* 22 octobre 2002 : le Tribunal correctionnel de Foix le condamne à 100 jours-amende d'un montant de 30 euros par jour, pour le fauchage, en avril 2000 d'un champ expérimental de colza transgénique cultivé par le Centre technique interprofessionnel des oléagineux métropolitain (Cetiom) à Gaudiès (Ariège). José Bové ne fait pas appel.
* 19 novembre 2002 : la Cour de cassation rejette le pourvoi formé contre sa condamnation par la Cour d'appel de Montpellier le 20 décembre 2001 à six mois d'emprisonnement ferme pour la destruction de plants de riz transgénique en juin 1999.
* 26 février 2003 : condamnation à dix mois de prison ferme. Rejet du pourvoi par la Cour de cassation à l'encontre de la peine de six mois de prison prononcée par la Cour d'appel de Montpellier fin 2001 et révocation de la moitié du sursis des huit mois prononcé par le Tribunal correctionnel agenais. Les condamnations en question sanctionnent la destruction de plants de riz transgénique au centre CIRAD de Montpellier et de semences de maïs transgénique dans les locaux de la société Novartis à Nérac.
* 22 juin 2003 : incarcération à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone.
* 2 août 2003 : libéré suite à remises (dans le cadre des grâces présidentielles du 14 juillet) et aménagement de peine, avec une assignation à résidence.
* 8 novembre 2004 : cité à comparaître devant le tribunal de Toulouse pour répondre de sa participation à une action de destruction de parcelle de maïs transgénique le 25 juillet 2004 à Menville dans le département de la Haute-Garonne avec huit autres personnes inculpées (le député (Verts) Noël Mamère, le député européen (Verts) Gérard Onesta, José Bové, les élus municipaux toulousains François Simon (ex-PS) et Pierre Labeyrie (Verts), l'ancien secrétaire national des (Verts), Gilles Lemaire, et le conseiller régional d'Aquitaine (Verts), Michel Daverat, Jean-Baptiste Libouban, de la communauté de l'arche, fondateur du mouvement des faucheurs volontaires et un agriculteur Jean-Aimé Gravas). La cour a accepté de juger les 224 autres personnes qui avaient participé à cette manifestation et qui revendiquaient leur geste comme une « action collective de désobéissance civique ».
* 17 mars 2005 : Audience en appel de cette décision, à la demande du Ministère public, qui souhaitait limiter le jugement aux 9 principaux prévenus, et non à l'ensemble des faucheurs volontaires.
* 15 novembre 2005 : Condamnation à 4 mois de prison ferme par la Cour d`Appel de Toulouse.

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